Jeux de discours

Première astuce de langage idéologique qui permet de soigneusement occulter le fait que nombre de squatteur-euses occupent des lieux par nécessité :

« Le terme “expulsion” utilisé dans les amendements précédents est remplacé par “évacuation”, comme le propose le Conseil d’État »

Dans les justifications qui suivent le projet de loi, les auteurs se félicitent aussi de vouloir protéger le citoyen travailleur, le vacancier méritant (autrement dit : l’individu modèle), voire la personne en convalescence face aux dangereux squatteurs-euses…:

« […] il est impossible d’expliquer à l’opinion publique pour-
quoi les personnes qui constatent, par exemple, en revenant
de vacances, en rentrant de l’hôpital, après avoir travaillé
à l’étranger ou dans une autre ville, ou encore après les
vacances d’été, que leur logement est occupé par quelqu’un
qui y séjourne illégalement ne peuvent pas tout simplement
appeler la police pour déloger cet (ces) individu(s). »
Plus loin, on trouve ce genre de propos, qui non seulement relève de l’hypothèse, mais en plus met l’accent sur le caractère « malhonnête » du-de la vilain-e squatteur-euse, qu’il faut absolument et légitimement « punir »…:
« Il est question du fait de s’introduire irrégulièrement “de
quelque façon que ce soit” dans le bien d’autrui car en cas
d’utilisation de la formulation “menaces ou violences contre
les personnes, soit au moyen d’effraction, d’escalade ou de
fausses clefs”, le squatteur malhonnête pourrait prétendre qu’il
est entré simplement par la porte ouverte. Le contraire serait
très difficile, voire impossible à prouver, ce qui entraînerait
l’impossibilité de punir le squatteur. »
Autant d’exemples qui illustrent la diabolisation des squatteur-euses et la victimisation des propriétaires, montrant bien où se situe la priorité pour nos pouvoirs publics irresponsables devant une crise du logement absurde…